En vente le samedi 13 décembre 2025 chez Enchère Premium
TRẦN VĂN CẨN (1910-1994).
École des Beaux-Arts de l’Indochine. Promotion 1931-1936.
Sampans sur le Fleuve Rouge
Huile sur soie contrecollée sur panneau d’isorel signée et datée en bas à gauche « CAN 37 ».
Dimensions : 35,3×50 cm.
(Usures, possiblement contrecollée sur isorel postérieurement).
Pour une œuvre réalisée la même année par l’artiste, signée et datée de façon quasi identique voir le lot 116 de la vente Christie’s du 26 mai 2019.
Estimation : 30 000-50 000 euros.
Trần Văn Cẩn est né le 13 août 1910 à Hảiphòng, dans le Delta du Fleuve Rouge. Il intègre la septième promotion de l’École des Beaux-Arts de l’Indochine en 1931 et en sort diplômé major ex- æquo en 1936 aux cotés d’autres grands noms de la peinture moderne vietnamienne parmi lesquels Luu Van Sin ou encore Nguyen Gia Tri.
Peintre de premier plan aujourd’hui considéré comme l’un des plus importants maîtres du XXe siècle au Vietnam, Trần Văn Cẩn est connu aussi bien pour sa peinture que pour ses laques.
Il expose dès 1935 et 1936 au Salon de la S.A.D.A.E.I. (Société annamite d’Encouragement à l’Art et à l’Industrie) à Hanoï et connaît ses premiers grands succès.
En 1942, il fonde en collaboration avec Lương Xuân Nhị, Lê Văn Đệ, Tô Ngọc Vân et Georges
Khánh le FARTA (Foyer de l’Art Annamite). Après avoir fait partie de l’équipe professorale de To Ngoc Van à partir de 1945, il devient à son tour directeur de l’Ecole des Beaux-Arts du Vietnam de 1954 à 1964.
L’année 1937, date à laquelle est réalisée la peinture que nous présentons n’est quant à elle pas anodine : elle coïncide en effet avec la mort du fondateur de l’Ecole des Beaux-Arts de l’Indochine, Victor Tardieu. C’est aussi l’année de l’Exposition Internationale de Paris de 1937 à laquelle le jeune artiste fraîchement diplômé participe.
Particulièrement influencé par son professeur Joseph Inguimberty, Trần Văn Cẩn s’essaye à plusieurs médiums dont la peinture à l’huile, la gravure et bien sûr la laque. Si ses thèmes de prédilection changent dans la suite de sa carrière, c’est l’influence d’Inguimberty qui prévaut sur lui en cette année 1937. Ce dernier, dans la droite lignée des Impressionnistes, défendait en effet une peinture sur le vif amenant régulièrement ses étudiants à peindre des paysages ou des scènes de la vie quotidienne hors atelier, en plein air. Contrairement à Victor Tardieu, partisan d’une peinture de la ligne, Inguimberty insistait sur l’importance de la lumière et de la couleur.
C’est précisément cette influence que l’on retrouve sur l’oeuvre que nous présentons. Trần Văn Cẩn saisit ici en un geste rapide une scène traditionnelle que l’on rencontre fréquemment sur les berges du Fleuve Rouge, lui l’enfant du Delta : quelques sampans amarrés au petit matin où seule une frêle silhouette semble s’afférer. La gamme chromatique utilisée se veut elle aussi typique des œuvres du peintre à cette période : une gamme de couleurs traditionnelle allant du brun à l’ocre mêlé de vert et de blanc que l’on retrouve d’ailleurs chez d’autres de ses condisciples.
La couleur et la lumière plus que la ligne, tout est dans la suggestion.
Si Tran Van Can est bien connu au Vietnam, ses œuvres peintes sont rares sur le marché de l’art. L’oeuvre que nous présentons est à ce titre totalement inédite, conservée dans la même famille depuis son acquisition et jamais réapparue depuis.
Similaire dans les teintes autant que dans le traitement du sujet, une autre huile de l’artiste est également référencée, intitulée « Paysage » et datée quant à elle de 1935.


