Découverte d’une oeuvre inédite de Tran Quang Tran

par | Déc 4, 2025

En vente le 13 décembre 2025 chez Enchère Premium

TRÄN QUANG TRÂN – dit NGHYM (1900-1969). École des Beaux-Arts de l’Indochine. Promotion 1927-1932. Chaumière aux environs de Hanoï.

Gouache et couleurs sur soie contrecollée sur panneau d’isorel signée en bas à gauche « TRAN ». Indochine, vers 1935-1940.
Dimensions : 59×49,5 cm.

(Usures, possiblement contrecollée sur isorel postérieurement).

Estimation : 8000- 12 000 euros.

Issu de la troisième promotion de l’École des Beaux Arts de l’Indochine, Tran Quang Tran fait partie des premiers artistes formés par l’institution. Diplômé en 1932 aux côtés de Lê Thi Luu, Nguyen Cao Luyen ou encore Pham Huu Khanh pour ne citer qu’eux, il est néanmoins, alors âgé de 27 ans, l’un des plus vieux de sa promotion. D’abord employé d’une société pétrolière d’Haïphong puis d’une fabrique de lampe de Đáp Cầu, la science et la technique passionnent le jeune homme : Il est d’ailleurs choisi parmi d’autres élèves par Victor Tardieu pour l’étude et la fabrication de « consoles et grilles en fer forgé » notamment aux côtés de Tran Binh Loc en vue de l’Exposition Coloniale de 1931. Il est en outre cité dans une plaquette éditée par le Gouvernement Général de l’Indochine la même année « Trois Écoles d’art de l’Indochine » pour laquelle il réalise le « Relevé du Mot-Cot »

reproduit planche IX.
Fraîchement diplômé en 1932, l’artiste ouvre son propre atelier de peinture au 87 rue Charron à Hanoï. Il y réalise tout au long des années 30 une série de peintures à l’huile et à l’aquarelle avant de se consacrer également à l’étude de la laque sous l’impulsion de Joseph Inguimberty. Consacrant son art à l’illustration et au dessin à partir de 1938 puis enseignant notamment dans les écoles de Thang Long, Gia Long et, à partir de 1949, à l’École des Beaux-Arts, il continue cependant de produire des vues d’Hanoï, son sujet de prédilection.

L’oeuvre que nous présentons a probablement été réalisée vers 1935-1940 avant que l’artiste ne change de signature pour « Nghym » et plus rarement « Nghi Am ». Elle est typique des scènes qu’il affectionne : des paysages déserts autour d’éléments d’architecture telles que les pagodes et bâtiments traditionnels. Né dans le district Hoai Duc, province de Ha Dong (aujourd’hui rattachée à Hanoï), l’artiste représente ici une scène familière : celle de son enfance peut être et plus probablement, un paysage que l’on retrouvait communément autour d’Hanoï au cours des années 30. Les jeux de lumières et les ombres projetées par les arbres autour de la chaumière rappellent fortement des aquarelles connues de l’artiste parmi lesquelles « La Pagode des Dames » vendue récemment aux enchères.

Peu de peintures de Tran Quang Tran nous sont parvenues : beaucoup furent perdues dans les tumultes de la guerre dont l’un de ses chef-d’oeuvres en laque « Bambous dans l’eau » réalisé vers 1932. A l’exception de quelques aquarelles, dessins et une huile sur toile intitulée « Tay Ho », aucun laque ni aucune peinture sur soie n’est actuellement connue pour l’artiste.
L’oeuvre présentée ci-dessus est donc particulièrement rare et constitue une redécouverte importante et inédite.